Jean-Baptiste Salis

Période 1910-1919

Jean-Baptiste, Marie Alexandre SALIS né à Montmorin (Puy de Dôme) le 19 septembre 1896.

Il fait ses études à Billon et à l'école Saint-André à Clermont-Ferrand.Sorti de l'école il choisit la mécanique, il apprend à voler en 1912 sur un avion monoplace Libellule Hanriot, à la 1ère école d'aviation d'Aulnat dans la région de Clermont-Ferrand.

Il y obtient rapidement le brevet de mécanicien supérieur d'aviation. A la liquidation de l'école, il acquiert la Libellule et continue son entraînement sur le Champ de Mars à Billon.

Le 8 Avril 1915 il est mobilisé (voir photo ci-dessous), et affecté au 4ème Génie comme sapeur artificier (Maître-Ouvrier). Blessé à Verdun en 1916 il reçoit la Croix de Guerre et deux citations.

Il intégre l'école de pilotage militaire de Pau en 1916. Après 18 mois de front, Jean-Baptiste passe dans l'aviation où il est breveté pilote militaire le 23 Février 1917 au Camp d'Avord . Nommé Sergent-Moniteur au centre de perfectionnement. Il forme de nombreux pilotes, qui resteront ses amis et devient rapidement un pilote expérimenté en acrobatie, ce qui lui vaut de nombreux arrêts de rigueur pour "risques inutiles" selon la formule militaire consacrée.

Jean-Baptiste alors pilote instructeur reçoit un Caudron R-II (RXI) triplace de reconnaissance, il termine la mise au point et présente le R-II avant de convoyer le 1er modèle au front à l'aérodrome de Toul en 1918.

L'approche tactique pour les RXI A.2 et B.2 n'était pas évidente en 1918 et demandait aux instructeurs de perfectionner des pilotes déjà expérimentés afin d'optimiser le succès des missions.

En tant que pilote d'essais réceptionnaire, il met au point de nombreux avions de série type (Sopwith, Dorand, Nieuport, Breguet, Salmson) ainsi que plusieurs prototypes (Clergé, Hanriot, Salmson, Dupont etc... ).

Fin 1918 il est affecté à la mise au point et présentation d'avions nouveaux aux missions Etrangères et Alliées. Il acomplira une série de missions à l'Etranger (Angleterre, Italie etc...).

Il terminera son service militaire le 24 septembre 1919 avec 1900 heures de vol sur avions militaires et passera sous-lieutenant au titre des réserves.

Il participera par la suite à la présentation des avions français à la commission interalliée sous la Présidence du Ministre Américain Stewart et remporte le premier concours acrobatique en recevant la plaquette de l'Aéro-Club de France et des récompenses Américaines.

Période 1920-1929

Entre 1919 et 1920 Jean-Baptiste démarche pour récupérer quelques avions démobilisés du surplus de l'Armée, en parallèle la ville de Grenoble lui cède un bout de terrain. Ainsi il pourra réaliser une partie de son rêve.

En 1921, il crée les premiers aérodromes alpins (Chambéry, Chamonix) et une école d'aviation en montagne pour des élèves français et suisses à Grenoble au Canton (près du Pont de Claix). Avec des avions qu'il équipe de caméras, il fait le relevé topographique des chutes d'eau de Nice à Evian pour les services de l'Institut polytechnique de Grenoble où il donne de nombreux cours. Il est un des pionniers à survoler ainsi régulièrement le Mont-Blanc.

Une de ses missions depuis Grenoble est la recherche de victimes en montagne à la demande des Syndicats d'initiative. Il est souvent obligé d'atterrir dans des endroits très accidentés.

Tous ces vols s'effectuent avec des avions provenant des surplus de la première guerre mondiale (Avro, Sopwith, Hanriot, Spad 16) souvent mal appropriés à ce travail aérien.

Entre 1923 et 1924 les meetings aériens prennent une grande importance. C'est l'occasion d'aller voir de près les avions héros de 14/18 et Jean-Baptiste qui adore les fêtes, organise une série de meetings un peu partout en France .

Après avoir reçu la Médaille des Sciences & Lettres.Il passe officier pilote de réserve, en raison de ses périodes militaire Après sept années passées dans les Alpes, Jean-Baptiste rentre à PARIS, délégué à la mission Aéronautique Chinoise qui vient de passer une commande d'avions en France, J.B. réceptionne les appareils pour les services du Général TCHANG KAY CHECK.

Le 7 janvier 1927, Jean-Baptiste devient le 1er pilote de la Société de Propagande Aéronautique (SPA). Monsieur Laurent-Eynac, alors sous-secrétaire d'Etat, qui deviendra le 1er Ministre de l'air, l'engage comme pilote personnel de son trimoteur Caudron C-61. (Photo J. Gouverneur Istres 1927). La Société de Propagande Aéronautique dont le but était de promouvoir l(aviation. Jean-Baptiste accomplit des missions variées : baptême de l'air, transport de personnalités, présentation d'avions, convoyage etc...

Aprés deux années d'entraînement en janvier 1927 Jean-Baptiste crée la première patrouille d'acrobatie au monde "La Patrouille Tricolore", aux côtés d'Alfred Fronval et du Lieutenant Charles Robin. Elle comprend trois Moranes AI qui décollent, effectuent diverses figures acrobatiques et atterrissent, reliés entre eux par un ruban tricolore.

Fronval, Robin, Salis avec La Patrouille Tricolore vont effectuer une série de meetings aériens un peu partout en France pour le compte de la S.P.A.

Sur cette même année, il prend part aux premiers vols de la ligne Paris-Londres et assure la mise au point de prototypes Caudron et Hanriot.

En 1929, il crée la Société d'Etude Aéronautique l'Aéro-Marine à l'Ile de la Loge, où il réalise cinq prototypes d'avions et d'hydroglisseurs.

Période 1930-1939

Le 1er septembre 1933, Jean-Baptiste participe au développement de l'aérodrome de Toussus-le-Noble, auquel il donne sa première activité en installant : station-service, ateliers, école de pilotage à côté de chez Farman.

Fin 1933, il dépose les statuts d'une association , "Les Casques de Cuir", (J.O. du 10/01/1934) qui seront partiellement repris par l'Escadrille du Souvenir et l'Amicale Jean-Baptiste Salis. Ses buts sont les suivants :

Pour Jean-Baptiste l'association des Casques de Cuir lui permet de faire decouvrir l'aviation à l'aide des baptêmes de l'air.

En 1936, Jean-Baptiste effectue une mission sur Dewoitine en Espagne durant la Guerre civile pour les services du Ministère de l'Air.

Après avoir reçu la Médaille des Sciences & Lettres.Il passe officier pilote de réserve, en raison de ses périodes militaire

Le 26/02/1937 naissance de Jean Salis

1938, Jean-Baptiste Salis devient l'agent de la société Bucker pour la France. Il installe également une usine à Gometz la Ville : Ateliers Mécaniques pour l'Aviation, sous-traitant pour les constructeurs aéronautiques de l'époque. Parallèlement, il achète des terrains et l'ancienne ferme de l'Ardenet à la Société Immobilière de l'Ile de France.

Période 1940-1949

En 1939, il est mobilisé le premier jour à VILLACOUBLAY, puis mis en affectation spéciale pour diriger l'école qui lui est confiée.

Jean-Baptiste possédait à GOMETZ une usine de pièces détachées pour avions, soutraitant des Maisons RATHIER, MESSIER et RENAULT-Moteur. Il reçoit l'ordre du Colonel BENZ de l'Etat Major de l'Air Allemand de reprendre son activité. Jean-Baptiste refuse, désorganise et désapprovisionne l'usine et s'enfuit habiter la Ferté-Alais.

En juin 1940 : occupation de l'aérodrome de Toussus-le-Noble et réquisition des établissements Salis. Une partie du matériel et du stock est enlevée, une autre partie est détruite. Les avions sont sectionnés, les pièces détachées brisées. Parmi ces 32 avions de collections : 3 Bleriot, 2 Farman, 3 Morane, 1 Libellule Hanriot, et 2 prototypes J-B. Salis. Une dizaine de véhicules individuels et utilitaires est également saisie. Entré dans la Résistance, Jean-Baptiste met sa propriété à la disposition du Commandement anglais B.O.A.; la piste est alors homologuée sous le "nom de code BINIOU".

Elle ne recevra que des parachutages en vue d'equiper la résistance et préparer un terrain de secours proche de Paris. Pour subsister, il remet en service 1'exploitation agricole. Il a également acheté une scierie à La Ferté-Alais, ce qui lui permet, en tant qu'exploitant forestier de circuler et de faire circuler dans les bois des "bûcherons", ainsi que de défricher les chemins et la piste du futur aérodrome. Il recevra la Croix de Guerre 1939/45 avec palme et sera nommé Chevalier dans l'Ordre National de la Légion d'Honneur à titre militaire.

Le 2 mai 1945, les Etablissements aéronautiques Jean-Baptiste Salis demandent l'agrément pour l'aérodrome.

En 1946, Jean-Baptiste crée un Centre de Vol à Voile en signant le 10 avril avec le Ministère des Travaux Publics, des Transports et du Tourisme une convention pour l'utilisation de l'aérodrome afin de former des élèves pilotes sur avions et planeurs.

L'importance de l'activité vélivole va permettre le nouveau développement de l'aérodrome. Le 14 juin 1946, paraît l'arrêté du Ministère des Travaux Publics et des Transports portant création de "l'aérodrome de Cerny-La Ferté-Alais", au lieu-dit "Plateau de l'Ardenet", dans le canton de La Ferté-Alais (Seine et Oise).

En 1947, l'aérodrome est classé aérodrome privé agréé avec restriction. J.B. Salis remonte des ateliers pour se consacrer à la reconstitution et la restauration d'avions historiques, notamment pour le Musée de l'Air (les ailes de l'Antoinette de Latham, le Spad de Fonck, le Bebe Nieuport de Cazale, le Blériot de Pégoud, un Pfaltz allemand...).

De 1948 à 1950 l'activité sur le plateau de l'Ardenet bat son plein. Pendant ce temps Jean-Baptiste met en place des ateliers en vue de restaurer les avions pour son musée.

Période 1950-1959

En 1952, Jean-Baptiste reconstruit un Caudron G III, qui volera pendant plusieurs années pour les Services de propagande du Ministère de l'Air et le présente lui-même aux fêtes anniversaire de Santos-Dumont à Bagatelle, le 27 juin 1952. Il donne cet appareil au Musée de l'Air, il est aujourd'hui exposé au Musée de Bruxelles.

1953 : Jean-Baptiste entreprend la restauration d'un Fokker DVII pour le Mémorial de Verdun.

1954 : Jean-Baptiste entreprend la restauration d'une Antoinette pour le Musée de l'Air Fokker D-7 pour le Mémorial de Verdun.

1955 : Jean-Baptiste devient le "pilote du souvenir", "l'homme qui fait voler le passé". Il restaure un avion Blériot XI type Première traversée de la Manche, que les ouvriers de Louis Blériot avaient fabriqué dans le secret pour l'offrir à leur patron en 1921. Sur cet appareil, il refait la traversée de la Manche une première fois en 1955, pour commémorer le Cinquantenaire de l'Entente Cordiale, puis en 1959, pour la commémoration de la 1ère Traversée de la Manche par Louis Blériot. C'est avec ce même Blériot qu'Edmond Salis à traversée la Manche le 25 juiller 2009 pour fêter le centenaire de la première traversée de la Manche par Louis Blériot

1955 Jean-Baptiste et Jean réalisent la construction d'un Deperdussin pour un Musée aux U.S.A.

Jean-Baptiste apporte son concours aux vols historiques en France et dans de nombreux pays d'Europe pour commémorer leur Cinquantenaire ( Angleterre, Hollande, Belgique, Allemagne, Meetings des Nations...). Il construit et pilote des appareils pour le compte du cinéma et de la télévision : "Le Jour Le Plus Long" "Le Mystère de la Chambre Jaune", "Minouche", "Les Vieux Tacots"...

Période 1960-1967

En 1960, Jean-Baptiste, Marcel Bellencontre et Jean Salis entreprennent la construction d'un Flyer (la célèbre machine volante des frères Wright) pour les besoins de la série télévisée "les Faucheurs de Marguerites".

En 1964, Jean-Baptiste et Jean Salis restaurent un planeur Waco du Débarquement allié pour le Musée de Sainte-Mère l'Eglise.

En 1965/1966 avec son fils Jean. Jean-Baptiste reconstitue un Nieuport de 1916 pour un Musée Americain.

En 1965, est créé le Club de La Ferté-Alais (association non déclarée), qui a pour but "de perpétuer l'esprit des temps héroïques de l'Aviation française en recueillant le plus grand nombre possible d'anecdotes vécues en vue d'écrire la "petite histoire".

Le president en est le Général Barthélémy, le secrétaire général Gaston Decoop, les autres membres : Marcel Jeanjean, le Général Genty, le Capitaine Zamora, le Colonel Victor Véniel, le Général Pierre Paquier, le Général N.Van Hinh et Jean-Baptiste Salis.

De ces rencontres, naîtra I'ouvrage de Marcel Jeanjean "Des Ronds dans l'Air" et "Le Temps des Hélices" du Général Barthélémy.

Le 15 mars 1965, est créé également l'Escadrille du Souvenir (association déclarée N° 108 loi du 1er juillet 1901 J.O. du 24 Octobre 1970 siège social : Aérodrome de Cerny la Ferté-Alais (91)).

Jean-Baptiste était de toute évidence un épicurien qui aimait les fêtes il adorait les copains, raconter, revivre les passions et les grandes aventures, il projetait des idées en partageant des bons repas entre amis, il aimait la vie et travaillait dur. Il ne se souciait pas beaucoup de sa santé et encore moins du cholestérol qui le 10 décembre 1967 lui a coûté ce qu'il aimait le plus : la vie.

Merci d'avoir pris le temps pour la visite de ces pages dédiées à Jean-Baptiste Salis. J'espère que vous aurez pris autant de plaisir que moi à découvrir le père de Jean et le parcours de ce généreux pilote. Merci à Jean et Brigitte Salis pour m'avoir confié leurs documents sur ce grand aventurier cohabité par l'aviation.

Merci à Gilbert Courtois pour avoir receuilli et mise en forme cette biographie de Jean-Baptiste Salis