Histoire du POTEZ 25

Le Potez 25, construit en 1924, est un biplan biplace ayant connu le plus gros succès aéronautique de l'entre-deux-guerres : plus de 4000 exemplaires ont été vendus dans le monde entier dont 2400

Les derniers ont été livrés en 1934 soit 10 ans après les premières commandes. Il fut utilisé par 22 pays différents. Il reste, aujourd'hui encore, l'avion français le plus construit et pourtant le notre reste le seul au monde connu.

Le Potez 25 a été construit par la société des Aéroplanes Henry Potez à Méaulte en 1924. Il en a existé 87 variantes différentes.

Ce biplan fut employé à la fois dans le secteur militaire et dans le secteur civil. Dans le premier, il servait comme bombardier, appareil de reconnaissance, d'observation, de liaison et dans le second, il fut utilisé pour le transport de fret, de passagers et de courrier par le biais de la compagnie l'Aéropostale.

Le Potez 25 et l'Aéropostale

Avril 1927, la compagnie L'Aéropostale voit le jour. Il faut alors prolonger la ligne Toulouse - Amérique du Sud jusqu'au Chili, cela implique de franchir la barrière que représente la Cordillère des Andes dont les cols culminent à 4500 mètre.

Jean Mermoz tente une première fois le franchissement avec un LATE 25 cependant, il échoue l'avion ayant un plafond de vol de 4000 mètres. Le Potez 25 est alors l'avion de tous leurs espoirs avec un plafond de vol de 7200 mètres.

En 1929, les premiers Potez 25 arrivent à Buenos Aires. Jean Mermoz retente l'aventure avec Didier Daurat à son bord. Ils traversent la Cordillère des Andes en 2 heures. Le Potez 25 est l'avion qu'ils leurs fallaient. Les 5 Potez 25 utilisés par L'Aéropostale sont modifiés : le poste passager est remplacé par un grand coffre en contreplaqué où sont entreposés les sacs postaux.

Jean Mermoz et Henri Guillaumet assurent le premier courrier officiel Chili-Argentine via la Cordillère des Andes sur Potez 25 : Jean, assis sur les sacs de courriers, se chargeant d'instruire à Henri les particularités du trajet. L'équipage est accueilli en héros : le courrier met 9 jours à venir d'Europe. A partir du vol inaugural effectué le 15 juillet 1929, Guillaumet réalise seul la liaison hebdomadaire entre Mendoza et Santiago.

En 1930, Henri Guillaumet subit un dramatique accident et se pose dans les montagnes. Au terme de plusieurs jours de marche dans la neige avec pour seul équipement son manteau de pilote et quelques vivres, Henri finit par rencontrer des bergers, c'est un miraculé. A son ami Antoine de Saint Exupéry, il avoue "Ce que j'ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l'aurait fait". Une fois remit, il repend les vols.

En 1933, L'Aéropostale est rachetée par Air France. Les 5 avions gardent alors leurs couleurs de L'Aéropostale : peinture d'émaillite blanc argent avec marquage en noir, seule l'inscription L'Aéropostale est modifiée en Air France. En 1934, un des cinq Potez reçoit l'emblème de la nouvelle compagnie : un hippocampe ailé dans un cercle bleu, agrémenté d'un filet bleu tout au long du fuselage et de cercles concentriques bleu et argent sur les disques des roues.

Les 5 avions ont continué leur carrière jusqu'en 1936 avant d'être rayés du contrôle Veritas. Ils ont alors entre 500 et 650 heures de vol chacun à leurs compteurs.

Le Potez 25 et la Croisière Noire

La Croisière Noire fut en son temps un événement aéronautique très médiatisé, organisé par le pouvoir politique de l'époque et utilisant le matériel le plus courant alors : le Potez 25.

En juin 1933, le gouvernement ordonne à l'Armée de l'Air d'effectuer avant la fin de la même année un voyage d'escadre en Afrique Française. Ce voyage a aussi pour but :

Le Général Vuillemin, spécialiste de l'aviation au Sahara, prend le commandement des 28 équipages participants.

Les 28 Potez 25 ont reçu des équipements spécifiques : ration d'eau potable et de vivres importante, instruments de navigation et stock de pièces de rechanges & quelques modifications pour l'aventure :

Les avions sont aussi débarrassés de tout équipement inutile : instrument de visées de bombardements, mitrailleuses, appareils photos, ...

Le départ est prévu le 6 novembre 1933 mais est reporté au 8 à cause de mauvaises conditions météorologiques. Le 15 janvier 1934, l'escadre est de retour au Bourget après 24.000 km et 170 heures de vol.
Elle aura traversé 8 pays : France, Espagne, Maroc, Algérie, Afrique Occidentale Française, Nigéria, Afrique Equatoriale Française et Tunisie.
Elle rencontre un immense succès populaire.Cette expérience a confirmé la robustesse du Potez 25. Certains sont restés en service jusqu'en 1945 !

Le Potez 25 et l’Afghanistan

En 1929, la guerre civile couve en Afghanistan, menaçant le roi Aman Ullah. Celui-ci désire obtenir des avions de combat pour s'opposer efficacement aux rebelles et réussit à se procurer un Potez 25.
René Drouillet va convoyer l'avion, un traducteur avec lui à son bord. Le voyage est assez mouvementé et après plusieurs ennuis mécaniques, ils arrivent à Kaboul. Là, ils sont immédiatement faits prisonniers par les rebelles qui viennent de destituer le roi.
Ceux-ci mettent le feu au Potez 25 et René Drouillet reste prisonnier 10 jours. En fait, il semblerait que René Drouillet se soit trompé de terrain. Sa description ne correspond que très peu au terrain de Kaboul qui était bien équipé sous l'influence russe et allemande, comportant, d'après un rapport français d'août 1928, 10 hangars pour 4 avions et un bon atelier de réparation.